L'évaluation rigoureuse de la capacité de charge d'un écosystème forestier constitue la pierre angulaire de toute stratégie d'aménagement et de régulation à long terme. Dans les massifs entourant le Ruisseau Noir à Saint-Mayme-de-Péreyrol, cette question revêt une acuité particulière en raison de la complexité des interactions entre la flore sylvicole et le grand gibier sédentaire. L'analyse que nous menons bénévolement s'appuie exclusivement sur des données scientifiques de terrain récoltées au fil des saisons, à l'exclusion de tout parti pris idéologique ou commercial.
La capacité d'accueil écologique se définit comme l'effectif maximal d'une population animale qu'un territoire donné peut nourrir sans que les ressources végétales ne se dégradent de manière irréversible. Au-delà de ce seuil critique, apparaissent des déséquilibres agro-sylvo-cynégétiques majeurs : abroutissement excessif des jeunes semis de chênes et de pins, écorçage des arbres d'avenir et dégradation des sols forestiers par piétinement. Ces phénomènes nuisent gravement à la régénération naturelle de la forêt de Dordogne et engendrent des pertes considérables pour les sylviculteurs et exploitants agricoles locaux.
Pour mesurer scientifiquement cet impact, notre groupement a mis en place des placettes d'exclusion (ou enclos-exclos). Ces dispositifs simples mais rigoureux comparent l'évolution de la flore dans des zones protégées du gibier par des clôtures avec des parcelles témoins laissées libres d'accès. Les résultats obtenus après plusieurs mois d'observations en 2026 sont éloquents. Ils révèlent une pression sélective forte sur les essences forestières d'avenir, confirmant un dépassement ponctuel de la capacité d'accueil écosystémique sur certains secteurs ciblés du massif.
La restauration des équilibres ne peut se concevoir par des méthodes arbitraires. Elle exige la mise en œuvre de protocoles d'aménagement doux et de régulation ciblée de la faune sauvage. Cela passe notamment par l'entretien bénévole des milieux ouverts intra-forestiers (clairières, lisières) et la réhabilitation des points d'eau pour fixer les populations d'animaux au cœur des massifs boisés, réduisant ainsi leurs incursions destructrices sur les plaines cultivées. C'est l'objectif prioritaire de notre charte opérationnelle.